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samedi 10 décembre 2011

UNE EGLISE UNE HISTOIRE

Connaître l'histoire de sa paroisse

Le 12 août 2011, devant une assemblée d’une centaine de personnes composée de paroissiens, de quelques invités et aussi des membres de la municipalité, s’est tenue une rencontre qui retraçait l’histoire de notre Paroisse.  L’animateur de cette soirée, Luc LERANDY, Professeur d’histoire et de géographie, débute son exposé en rappelant que la paroisse à 346 ans et l’église 118 ans.  


L’histoire débute au XVIIème siècle

La Martinique est occupée par les Français. Les statuts des compagnies ont prévu la présence d’hommes d’église dans la conquête de nouvelles terres. Appelés missionnaires, ces ecclésiastiques doivent assurer officiellement les offices religieux, s’occuper des malades, éduquer les populations autochtones dans « leur tâche civilisatrice ». Envoyés par le roi avec l’accord du Vatican, ces missionnaires étaient pris en charge par le gouverneur et les habitants de l’île.
Les ordres religieux se partageaient la direction spirituelle de l’île à travers les paroisses qui y étaient crées. On trouvait à la Martinique les jésuites, les capucins ; les frères de charité, les ursulines et le puissant ordre des dominicains. La première paroisse qui fut élevée à la Martinique fut celle du carbet.
Le fort de Sainte-Marie fut érigé en l’honneur à la Vierge Marie. C’est ce fort qui donna son nom à notre ville en 1658.
L’habitation monastique de Fonds Saint Jacques qui faisait partie de la paroisse de Sainte-Marie, est devenue le centre religieux de la région pendant près de vingt ans. Elle est devenue le siège de l’ordre dominicain.
Le 8 janvier 1663, le conseil souverain de l’île ordonna l’établissement officiel des paroisses de Sainte-Marie (dépendante de Trinité), Marigot et Grande Anse. Elles étaient administrées par les dominicains. Ils dirigèrent la paroisse de Sainte-Marie jusqu’en 1793. La paroisse (1679) fut le père Bertand Fraisse qui était curé de Trinité.


L’EGLISE AU XVIIIème siècle

Au début du XVIIIème siècle, la vie religieuse dans la région est dominée par les activités de l’habitation monastique de Fonds Saint Jacques.
Le célèbre Père Jean Baptiste Labat dirige la paroisse de Fonds St-Jacques jusqu’en 1705. Il entreprend dès son arrivée en 1696, la construction d’une sacristie.
La vie dans les paroisses de la Martinique a connu quelques remous liés à la situation sociologique, sanitaire et politique de la colonie. Ces conditions d’existence dans la colonie ont eu des répercussions dans les paroisses : épidémie, comportement esclavagiste de certains prêtres, problèmes relationnels entre les autorités, entre curés, entre curés et municipalité.
En 1789 arrive et la révolution  va transformer les rapports église/état. Le 24 septembre 1793, la convention déclara biens nationaux les propriétés des religieux de la colonie. Pourtant Fonds Saint Jacques reste sous l’autorité des dominicains jusqu’en 1852 mais devait rendre des comptes au directeur des  domaines et verser au trésor les revenus qui devaient être affecté aux dépenses du culte, au traitement des personnels et à l’entretien des religieux.
C’est en 1793 qu’est nommé à Sainte-Marie le premier curé qui n’est pas issu de l’ordre dominicain.

L’EGLISE DE SAINTE MARIE AU XIXème siècle

Le début du XIXème siècle fut marqué par une épidémie de fièvre jaune qui décimait la ville et plus particulièrement les habitants du bourg ; de nombreux prêtres en furent victimes et beaucoup considéraient que la présence du cimetière en plein bourg était la cause principale de cette forte mortalité. Beaucoup de prêtres craignaient le cimetière et rechignaient à venir à Sainte-Marie. La vie de la paroisse fut particulièrement animée. C’est ainsi qu’on décida d’enterrer les morts dans le cimetière actuel (ancien cimetière).
Charles Guillaume fut curé de Sainte-Marie de 1800 à 1801. Il est remplacé par le père dominicain,  le curé Koelhofer Jean-Michel.
Le 12 juin 1837 par décret, la Martinique fut divisée en 20 communes. Sainte-Marie fut ainsi dotée d’un maire, d’un adjoint et de 9 conseillers. Le premier maire s’appelle Jacques François Lalanne Dufond. Il est élu en 1839.

La mission d’évangélisation des populations esclaves n’est pas chose facile car les planteurs privilégient leurs intérêts économiques à l’enseignement religieux de leurs esclaves. La plupart n’acceptent que le baptême. Les prêtres sont divisés sur le sujet.
A cette époque église et état sont très divisés en France ; une scission que l’on retrouve dans la colonie entre église et gouverneur. A Sainte-Marie les curés se sont retrouvé très souvent autour du maire et il existait une véritable collusion entre spirituel et politique.
Au fil des années l’église devient trop petite. Le père Gailhat Pierre Lucien pensa à l’agrandissement de l’édifice en collaboration avec le conseil de fabrique. Le conseil de fabrique est une institution composée de clercs et de laïcs qui gèrent les affaires de la paroisse ; en 1851 le conseil

de fabrique était présidé par Ténos de Gage.  Le conseil était composé essentiellement de propriétaires terriens qui sont parfois des élus.
Dans sa séance du 6 octobre 1856, le conseil décide que la concession de terrain pour la construction d’une tombe.
En 1858 la paroisse disposait de 1500 francs pour la réparation et la construction du clocher. Les travaux reprirent et une tribune fut rajoutée. Elle est destinée à accueillir les enfants des écoles.
Des cultivateurs sont venus offrir leur contribution aux réparations et à l’agrandissement de l’édifice. L’église devient opérationnelle en 1866.
Des bancs neufs furent installés : la nef agrandie alors que les deux cloches existantes furent refondues. L’église ne pouvait recevoir que 433 fidèles. Il fallut exproprier les héritiers Seguin Lassalle pour agrandir l’espace cimetière.

LA NOUVELLE EGLISE DE SAINTE MARIE

Malgré son agrandissement, l’église s’avérera vite trop petite. Il faut dire que la population augmentait très rapidement. On comptait en 1860 près de 8000 habitants à Sainte-Marie, l’église était enfermée dans le bourg ; il fallait la déplacer. Elle ne pouvait accueillir que 433 personnes.
Pour construire la nouvelle église, le curé l’abbé Isaure, le conseil de fabrique, la municipalité de Sainte-Marie avec son maire Pierre MARTINEAU unirent leurs efforts pour mener à bien ce projet. L’abbé Isaure parcours les campagnes à la recherche d’argent. Les fonds recueillis ont permis de construire les premières façades de l’église.
C’est le 6 Aout 1891, Monseigneur CARMENE au cours d’une grande cérémonie bénissait l’église Notre Dame de l’Assomption de Sainte-Marie en présence du maire Marius LAGAVILLE.
21 années ont été nécessaires pour la construction de l’Eglise qui subissait les assauts des cyclones qui touchaient la Martinique.
Après cet exposé, un diaporama nous relatait 120 ans d’histoire (1891 -2011) dans lequel on pouvait voir entre autre la procession du 15 Août.

Le Père N'Goma dont le souvenir a été longuement évoqué.


Ces images de  fête qui se déroulait à partir de 14 heures ont rappelé de nombreux souvenirs aux paroissiens qui ont raconté leur vécu de cette procession et qui pour conclure ont proposé à Père CREPIN de renouveler cette page d’histoire si chère à leurs yeux.

L'église actuelle



+1 commentaire

Anonyme a dit…

Nous ne pouvons que dire merci pour ce chapitre très intéressant sur l'histoire de notre paroisse. C'est un travail formidablement enrichissant, bravo et merci encore à tous les collaborateurs de cette initiave.

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