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mercredi 29 février 2012

Le Déluge (Gn 6-9)

Fiche théologique : 

Le Déluge 


Dieu renouvelle la surface de la terre 
et fait Alliance avec tous les hommes !


Lire le récit : Gn 6-9



Le langage symbolique de ce récit

Ce récit est très semblable en de nombreux points à d'autres récits mésopotamiens de Déluges ; il fait le constat que l'homme, dans sa liberté, sa fragilité, est enclin au mal, à la violence, au péché. Mais, contrairement aux récits babyloniens, il montre que Dieu ne peut se résoudre à laisser proliférer la méchanceté et la corruption, à laisser " submerger " l'humanité par le mal et la violence. Et, d'une façon spécialement imagée, ce récit va raconter comment le  mal est noyé, pour que puisse vivre une humanité nouvelle, une humanité recréée (le vocabulaire employé rappelle les récits bibliques de Création), une humanité avec laquelle Dieu fait Alliance.

  • L'Arche, aux dimensions et au profil de Temple (trois étages superposés) porte un nom hébreu utilisé une seule autre fois dans la Bible pour désigner la nacelle qui sauve Moïse. L'histoire de Noé préfigure donc celle de Moïse et de tout le peuple sauvés de la mort par le Passage à travers la Mer ; elle préfigure la nôtre quand Dieu, par le Baptême, noie en nous ce qui est mal pour nous donner la Vie, sa Vie.
  • Les eaux symbolisent la mort dans la Bible ; elles évoquent de plus, dans ce récit, le tohu-bohu, le chaos originel où se confondent les eaux d'en haut et les eaux d'en-bas ;  Dieu les avait explicitement séparées au deuxième jour de la Création (Gn 1,6-7). Dans l'Evangile, le Déluge est une figure des derniers temps (Mt 24,37-39).
  • La présence et l'action de la colombe rappellent l'Esprit qui planait sur les eaux, et annoncent l'Esprit du Baptême de Jésus, l'Esprit qui nous recrée et nous habite.
  • Le chiffre 7, qui comptabilise le nombre de paires d'animaux purs et impurs (qui montent dans l'arche), le temps qui sépare l'entrée dans l'arche du début de déluge, les jours qui séparent les différents envois de la colombe, ce chiffre 7 est celui des 7 jours de la Création ; cela, pour alerter l'auditeur : ce récit parle bien de création ou de re-création.
  • La famille de Noé  compte 8 personnes, chiffre symbolisant la plénitude, le Salut, car 8 = 7+1 ; au nombre " 7 " caractéristique de la Création s'ajoute le " 1 ", le jour nouveau, jour de la Résurrection, le jour de Pâques, notre dimanche, premier jour de la semaine, comme cela est dit dans la liturgie dominicale.
  • Noé qui " marchait " avec Dieu, ne l'oubliant jamais, est qualifié de " juste " ; c'est cet " ajustement " à Dieu qui le sauve, lui, mais aussi les siens : sa femme, ses 3 fils et ses 3 belles-filles.
  • Le chiffre 40 évoque le nombre de semaines d'une grossesse humaine, le nombre d'années qui ont permis aux Hébreux de traverser le désert pour se constituer en peuple et entrer en Terre Promise, le nombre de jours passés par Jésus au désert pour y être tenté et résister au mal, le temps du Carême. C'est le temps d'une " gestation ", le temps de la maturité, le temps de la naissance de l'homme nouveau.
  • L'olivier est mentionné pour la première fois dans la Bible avec ce rameau tout frais rapporté par la colombe. C'est dire que, dès son apparition, il évoque la vie, la vie nouvelle, et même la vie éternelle  puisque l'olivier, arbre à feuilles persistantes, ne perd pas ses feuilles ! Son fruit donne l'huile qui nourrit, éclaire, fait briller, donne l'onction royale, messianique, baptismale… Jésus, à la veille de donner sa vie, prie à Gethsémani, dont le nom signifie " pressoir d'huile ". Enfin la Venue du Messie est attendue sur le Mont des Oliviers (Za 14,4). L'olivier, et son rameau tout frais rapporté par la colombe, sont donc chargés de tous ces harmoniques. L'olivier évoque aussi la " Justice " de celui qui s'attache au Seigneur (Ps 52,10) et la Paix puisqu'il est lié à la Promesse de paix de Dieu.
  • L'alliance proclamée si solennellement à la fin du récit est explicitement mentionnée pour la première fois dans ce texte (même si elle était implicite dans les récits de Création de Gn 1 et 2). Dieu s'engage unilatéralement et inconditionnellement en faveur de Noé et de ses descendants, en faveur de toute l'humanité et à jamais.

François BROSSIER,
La Bible dit-elle vrai ?, Editions de l'Atelier, Paris 2000

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