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jeudi 28 juin 2012

Théorie du genre

Passionnant entretien avec Mgr Anatrella qui devrait être lu et médité par tous !

Texte long  MAIS ... indispensable de le lire en entier
 - Remerciements à la toujours excellente "agence Zenit" -
C'est aussi un commentaire "éclairé", "éclairant", "autorisé" et inattendu de la dernière encyclique de Benoît XVI "Caritas in Veritate"
 
 
Entretien :
« Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Tony Anatrella

L’amour n’est possible que dans la vérité

ROME, juillet 2009 (ZENIT.org) - A l'occasion de la publication de l'Encyclique du pape Benoît XVI, Caritas in Veritate, Mgr Tony Anatrella psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, a répondu aux questions de Zenit au sujet de la notion de genre humain évoquée par l'encyclique et qui ne correspond pas à la définition du genre dans la théorie du genre qui sert de norme aux Institutions internationales et de référence pour modifier la législation dans de très nombreux pays.
Mgr Anatrella reçoit de nombreuses personnes en difficultés psychologiques et enseigne la psychologie à Paris. Il est consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé. Il vient de publier : « La tentation de Capoue - Anthropologie du mariage et de la filiation » - Éditions Cujas (Paris). Il a également publié plusieurs ouvrages qui portent sur la théorie du genre : La différence interdite aux éditions Flammarion et Le règne de Narcisse aux Presses de la Renaissance.
Zenit : Dans son encyclique Caritas in Veritate, Benoît XVI parle de « l'unité du genre humain » qui ne semble pas correspondre à la notion contenue dans la théorie du genre ?
Mgr Tony Anatrella : Évidemment, il s'agit là d'un point particulier des propos du Saint-Père. Mais on perçoit tout au long de ce document une préoccupation intellectuelle qui vise à répondre à l'argumentaire de cette théorie du genre qui devient une norme internationale et pose de très nombreux problèmes anthropologiques. Une idéologie contraire au bien de l'humanité.
Benoît XVI, dans un texte riche et dense où chaque mot est porteur de sens, affirme avec raison que l'humanité ne peut devenir elle-même qu'en se reconnaissant dans « l'unité du genre humain » pour « devenir une communauté vraiment universelle qui naît de l'appel formulé par la Parole du Dieu-Amour » (n. 34). Hommes et femmes de tous pays et toutes cultures nous appartenons à une humanité commune vécue à travers, entre autres la différence sexuelle et les différences culturelles qui exigent un véritable dialogue interculturel (n. 26) quand les traditions et les cultures ne sont pas réduites à un éclectisme culturel. Elles seraient ainsi considérées « comme substantiellement équivalentes et interchangeables entre-elles ». Le Saint-Père va encore plus loin dans son raisonnement en affirmant que l'homme ne saurait être réduit à « un donné purement culturel », comme le prétend la théorie du genre. Plus précisément, il souligne le risque de séparer la culture de la nature humaine. « Éclectisme et nivellement culturel ont en commun de séparer la culture de la nature humaine. Ainsi, les cultures ne savent plus trouver leur mesure dans une nature qui les transcende, elles finissent par réduire l'homme à un donné purement culturel. Quand cela advient, l'humanité court de nouveaux périls d'asservissement et de manipulation » (n. 26).
Autrement dit, le genre humain ne se morcelle pas mais il se rencontre et se vit à travers l'altérité qui fonde « l'ouverture à la vie qui est au centre du développement » intégral (n. 28). Une altérité qui trouve son origine dans l'altérité du Dieu trinitaire comme le souligne Benoît XVI :
« Seule la rencontre de Dieu permet de ne pas "voir dans l'autre que l'autre" mais de reconnaître en lui l'image de Dieu, parvenant ainsi à découvrir vraiment l'autre et à développer un amour qui "devienne soin de l'autre pour l'autre » (n. 11). Dans la théorie du genre nous sommes aux antipodes du sens de l'altérité.
Zenit : Cette nouvelle idéologie de la théorie du genre est-elle dangereuse pour l'équilibre et l'avenir de la société ?
Mgr Tony Anatrella : Le pape écrit avec juste raison que : « L'humanité tout entière est aliénée quand elle met sa confiance en des projets purement humains, en des idéologies et en de fausses utopies » (n. 53). La théorie du genre est hasardeuse dans le sens où elle établit et institue une lutte de pouvoir entre les hommes et les femmes, au mépris de leur complémentarité. Elle nie également le rôle structurant de la différence sexuelle pour laisser entendre que le masculin et le féminin ne sont que des réalités construites socialement et ne sont pas inhérents à la personne de l'homme ou de la femme. Une façon d'évacuer la singularité du sujet. Elle privilégie enfin les orientations sexuelles pour en faire diverses identités qui auraient toutes la même qualité et la même valeur. Autrement dit, nous sommes dans le déni de l'être de l'homme et de la femme au bénéfice d'une sorte d'asexualité qui débouche en même temps sur la légitimité de toutes les orientations sexuelles. Or celles-ci représentent toujours un en-deçà de l'identité sexuelle et non pas une identité. Un homme s'humanise, se civilise et se socialise non pas en fonction d'orientations sexuelles mais à partir de son identité sexuelle grâce à laquelle il intègre et coordonne ses pulsions partielles afin de développer une orientation en cohérence avec son identité. Les orientations sexuelles sont toujours du côté des pulsions partielles, alors que l'identité est du côté de l'être du sujet. Nous sommes paradoxalement dans le mythe du sujet qui construit son identité ce qui n'est pas complètement vrai et en même temps on lui laisse supposer qu'il n'est qu'une construction sociale. La loi civile établirait des identités sexuelles selon les revendications subjectives des personnes.
Zenit : Le pape insiste beaucoup sur le sens de l'amour vécu dans la vérité, cela signifie-t-il que l'amour ne se retrouve pas nécessairement dans toutes les formes de relation ?
Mgr Tony Anatrella : Très souvent n'importe quel type de relation plus ou moins attachante est présenté sous l'angle de l'amour, ce n'est pas tout à fait exact. On peut éprouver de l'attrait, des sentiments et des émotions cela n'est pas nécessairement significatif de l'amour.
L'amour exige la vérité des choses pour être authentique. Au nom de l'amour on croit que to ut est possible et permis et encore davantage lorsque l'amour est confondu avec un vague sentiment de générosité, ce qu'il n'est pas. On utilise souvent l'argument d'autorité en croyant que puisque Dieu est amour il permet et tolère tout. Autrement dit, Dieu est instrumentalisé pour justifier n'importe quel acte humain à partir du moment où le sujet pense qu'il agit dans l'amour. Encore faut-il être dans la vérité de l'amour, c'est-à-dire que l'acte représente un véritable bien à atteindre et non pas inverser cette proposition en voulant que Dieu vienne reconnaître l'acte du sujet. D'où le titre donné à cette nouvelle encyclique de Benoît XVI qui s'inscrit dans la logique des deux précédentes : « Deus caritas est» (2006) et « Spe salvi » (2007) : Caritas in Veritate, l'amour n'est possible que dans la vérité.
Une révolution sourde est donc en marche depuis les années 1950 dans l'ignorance et l'inconscience des citoyens. La théorie du genre (gender theory) a ainsi pris la suite du marxisme et elle aura des conséquences encore plus néfastes que celui-ci, comme j'ai eu l'occasion de le montrer dans diverses publications. Le marxisme est une idéologie meurtrière alors que l'idéologie du genre est une théorie idéaliste qui détruit les repères les plus fondamentaux et les plus universels. J'ai ainsi souligné dans mon livre "Le règne de Narcisse" qu'elle appartient à toutes les idéologies transgressives avec lesquelles le monde occidental est en train de coloniser et de polluer intellectuellement la planète. Nous préparons tous les ingrédients pour altérer l'écologie humaine. Il y a ainsi des idées qui fabriquent de la pathologie sociale sans que l'on veuille en être conscients et évidemment sans prendre la mesure des conséquences qu'elles engagent.
Zenit : Les sciences humaines semblent jouer un rôle important pour imposer cette nouvelle idéologie qui crée des divisions artificielles dans l'humanité au lieu de respecter les différences fondamentales ?
Mgr Tony Anatrella : Sans aucun doute. Mais pour comprendre ce phénomène, il faut à la fois faire de l'histoire et observer comment les sciences humaines sont devenues normatives au point de prescrire à la société ses modes d'organisation. Ainsi les sociologues qui observent des attitudes et des comportements vont décréter que puisqu'un phénomène existe il faut, non seulement l'admettre, mais également le légaliser et en faire une norme. D'où la prolifération de lois qui viennent légitimer des mœurs au lieu de voir le législateur créer des lois au nom du bien commun. « L'exaspération des droits aboutit à l'oubli des devoirs. Les devoirs délimitent les droits parce qu'ils renvoient au cadre anthropologique et éthique dans la vérité duquel ces derniers s'insèrent et ainsi ne deviennent pas arbitraires. C'est pour cette raison que les devoirs renforcent les droits et situent leur défense et leur promotion comme un engagement à prendre en faveur du bien. » (n. 43). Le droit est actuellement organisé pour « satisfaire des attentes psychologiques ».
La théorie du genre est le pur produit des sciences humaines qui veulent reconstruire une vision de l'homme à partir d'épiphénomènes. Dans cette perspective la norme n' est plus à chercher dans la vérité des choses et leur caractère universel, mais dans la singularité des situations individuelles et marginales, et dans le ressenti. La subjectivité devient source de droit. C'est ainsi que la plupart des gouvernements occidentaux dirigent leur société à partir de ses points aveugles et minoritaires au nom du principe de la non-discrimination. Principe très discutable par ailleurs, car il ne permet plus de réfléchir, d'analyser et de faire œuvre de discernement. Avoir le souci des injustices et y remédier sont des biens précieux pour la société, mais dire que, dans n'importe quelle situation, peut se créer un couple et se constituer une famille est une impasse. La création, par exemple, du Pacs en France a été une erreur qui s'appréciera au regard de l'histoire. Il avait été revendiqué par des associations homosexuelles pour créer des partenariats civils entre personnes de même sexe. En réalité 93 % des Pacs qui sont contractés le sont par des couples formés par un homme et une femme. A partir d'une revendication minoritaire inutile, les militants ont réussi à accentuer une déstabilisation du mariage. Dans leur littérature, ils déploient tout un système subversif pour justement remettre en question les normes sexuelles de la société qui se fondent pourtant à partir d'un couple altersexué constitué par un homme et une femme. Le Pacs était une sorte de missile dirigé contre les bases de la société qui ne peut être qu'hétérosexuelle alors que la preuve est faite qu'il intéresse modérément les personnes homosexuelles. Les militants de la cause vont même plus loin en voulant que le Pacs soit célébré en mairie comme un mariage. Une vision qui fragilise le mariage institution pour en faire un simple contrat, pas plus important qu'un contrat de location. La banalisation du divorce à travers la loi avait commencé ce travail de sape, il se continue de façon encore plus radicale avec le Pacs. La plupart des droits inhérents au mariage sont ainsi attribués aux Pacsés ce qui vide le mariage de sa substance et de sa singularité. Alors que le mariage représente un bien pour la société, le Pacs amplifie à la fois la baisse des mariages et la perte du sens de la parole donnée et de l'engagement. Ce n'est pas ainsi que l'on construit une société pacifiée. Bien au contraire, on crée les conditions même de son insécurité, de ses déliaisons et des conduites réactionnelles dont témoignent les multiples violences qui se développent notamment dans la population juvénile (violences contre soi et contre les autres).
Quand tout se vaut, plus rien n'a de valeur. Nous sommes dans la confusion des pensées. Les responsables politiques manquant de réflexion anthropologique et parfois de culture sur tous ces sujets, en restent à la surface des choses se contentant d'être sous l'influence de lobbies. Ils ont le regard rivé sur les sondages d'opinion et changent de convictions au gré des fluctuations médiatiques. Le monde politique occidental fait preuve d'une certaine carence de la pensée. Le mini-traité de Lisbonne est à cet égard déficitaire : non seulement il reprend la défunte Charte européenne qui posait déjà de sérieux problèmes, mais en plus il se donne comme référence la théorie du genre en instituant sur le même registre que les droits de l'homme des orientations sexuelles, ce qui manifeste une confusion épistémologique. Le recours à la raison ne se situe plus dans la recherche du vrai et du bien, mais dans la volonté d'imposer des inclinations particulières alors qu'elles ne sont pas structurantes ni pour la personne ni pour la société. C'est pourquoi le Pape souligne fortement : « Aujourd'hui, nous sommes témoins d'une grave contradiction. Tandis que, d'un côté, sont revendiqués de soi-disant droits, de nature arbitraire et voluptuaire, avec la prétention de les voir reconnus et promus par les structures publiques, d'un autre côté, des droits élémentaires et fondamentaux d'une grande partie de l'humanité sont ignorés et violés » (n. 43). Ainsi, un enfant a droit d'être éduqué et élevé, par un homme et une femme, son père et sa mère, pour soutenir ses besoins et respecter ses intérêts psychologiques, sociaux, moraux et spirituels.
Zenit : Mais d'où vient cette idéologie qui est largement méconnue ?

« Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Anatrella (2)

Zenit : Mais d'où vient cette idéologie qui est largement méconnue ?
Mgr Tony Anatrella : La théorie du genre est née à partir des travau x cliniques de psychanalystes américains recevant des personnes transsexuelles et qui souhaitaient faire modifier leur apparence sexuelle : un homme devenant une femme, ou une femme devenant un homme. Évidemment ces pseudos transformations, faites de diverses amputations et d'implants de prothèses, ne sont que des artifices, le sujet a un semblant d'allure extérieure d'un autre sexe que le sien d'origine. Il s'agit surtout d'un subterfuge identitaire, car en réalité un homme ne devient jamais une femme pas plus qu'une femme ne devient un homme. Il n'est pas rare de voire certaines personnes revenir consulter quelques années après pour retrouver leur corps d'origine. Les premiers cliniciens qui se sont donc intéressés au cas de la transsexualité, comme un échec de l'intériorisation du corps sexué, observaient que pour ces personnes, il y avait une scission entre la représentation d'elles-mêmes et la réalité de leur corps sexué. Elles ne parvenaient pas, pour diverses raisons, à accepter et à intégrer leur corps sexué au masculin ou au féminin. Elles étaient en conflit intrapsychique entre leur identité sexuelle qui est un donné de fait et leur orientation sexuelle qui procède habituellement d'une lente élaboration des pulsions partielles intégrées à l'intériorisation de l'identité sexuelle de fait. Les spécialistes en ont conclu que pour ces cas particuliers, leur véritable identité sexuelle était imaginaire et en dysharmonie avec leur personne sexuée. Derrière cette contorsion symptomatique, divers problèmes psychiques non traités dans l'évolution du sujet l'amenaient à se situer de cette façon ; signe d'une profonde immaturité ou encore d'un trouble de l'identité sexuelle (comme le qualifie encore la classification américaine des maladies le DSM IV). Cette organisation typique est souvent le cas chez des sujets qui se heurtent à des problèmes d'identification, de manque d'étayage ou de failles narcissiques qui les empêchent de parvenir à un self cohérent et à une unité interne. L'orientation sexuelle est recherchée pour elle-même, indépendamment et en contradiction avec l'identité sexuelle. Les travaux de Freud et de ses successeurs ont mis en évidence les structures psychiques qui conduisent à une sorte de scission interne sur la base d'une dépressivité et d'une intolérance à son être sexué. C'est ainsi que des sujets s'acheminent vers des formes de sexualités problématiques en dehors d'une relation entre un ho mme et une femme.
A partir de ce constat clinique qui n'avait pas de valeur philosophique, certains ont voulu en tirer la conclusion que l'ensemble des hommes et des femmes vivaient sur le régime du décalage entre leur identité sexuelle et leur orientation sexuelle.
Dans les années 1960 les féministes, en manque de philosophie pour fonder intellectuellement leur revendication et leur opposition aux hommes, se sont emparées de cette idée. Elles ont rationalisé un constat clinique relatif à des cas particuliers pour faire une distinction entre la disposition physique et organique inscrite sur le corps de l'homme et de la femme et qui ne peut pas être changée mais qui, pour ces militantes, n'est pas déterminante, et la différence sexuelle du masculin, du féminin et des orientations sexuelles (dites genre neutre) qui serait une construction sociale et peut donc être modifiée à dessein. Autrement dit, le corps de chacun peut être marqué par un organe particulier mais ce n'est pas lui qui révèle l'identité sexuelle du sujet qui reste toujours à construire, voire même à choisir. Elle peut être également déconstruite pour devenir quelqu'un d'autre et s'autocréer selon ses désirs. Ces thèses de la déconstruction inspirées par Jacques Derrida et Michel Foucault ont imprégné la pensée universitaire américaine et nous reviennent à travers la théorie du genre, comme une nouvelle aliénation idéaliste qui s'écarte du réel.
Dans les années 1980, alors que le mouvement homosexuel avait perdu ses caractères revendicatifs des années 1970, il a été relancé à la suite de la pandémie du VIH. Il s'est relativement reconstitué à partir de la lutte nécessaire contre la transmission du VIH en participant et en devenant de plus en plus un des acteurs de prévention contre le Sida. De revendications en revendications, se sont faites jour des revendications plus particulières comme la reconnaissance légale de ce type de relation en la dépénalisant et en la supprimant des listes des maladies mentales, l'instauration de statut d'union civile pour préserver les droits de ceux qui se retrouvaient seuls après le décès de leur partenaire, et l'extension du mariage et l'adoption des enfants. Les militants de la cause homosexuelle ont trouvé, à travers la théorie du genre, un cadre idéologique afin de porter et de justifier toutes leurs revendications. La création de concepts militants comme celui de « l'homophobie » accusant d' avoir peur des personnes homosexuelles ou de leur propre homosexualité inconsciente (inutile d'insister sur cette vision psychologisante simpliste) ceux qui discutaient, réfléchissaient, voire s'opposaient à ces revendications et à aux changements dans la législation. Tout ceci était porté, justifié et valorisé par les médias sans aucun esprit critique d'une pensée réduite à des stéréotypes.
La théorie du genre a ainsi été soutenue par l'idée noble de l'égalité entre l'homme et la femme mais qui n'a pas tout à fait le même sens dans cette idéologie et par des idées de liberté et de lutte contre les discriminations, qui signifient dans cette théorie le besoin de s'émanciper du travail de la différenciation subjective des sexes. Nous serions ainsi homme et femme, & agrave; l'identité incertaine et organisés autour d'une bisexualité originelle que l'organisation sociale hétérosexuelle vient contrarier.
Zenit : Quelles en sont les principales conséquences ?
Mgr Tony Anatrella : Il faut savoir que cette théorie du genre sert de référence aux Organisations internationales (ONU, OMS, Commission Populations, UNESCO, UNICEF, etc.) mais aussi aux législations européennes depuis le Traité de Maastricht (1992). Plusieurs fonctionnaires et législateurs participant aux travaux préparatoires m'ont fait remarquer que personne ne sait qui a introduit la catégorie de la théorie du genre dans ce Traité alors qu'il n'en avait jamais été question. Elle a été découverte une fois le Traité signé, qui est composé de plusieurs milliers d e pages, et à été reprise dans le mini-traité de Lisbonne non encore ratifié.
Les conséquences sont nombreuses et variées, elles s'installent dans l'ignorance des citoyens. Les formulaires administratifs, par exemple, ne portent plus la mention « Sexe » mais « Genre » où toutes les réponses sont possibles. La confusion commence déjà de cette façon. Elle se poursuit à travers l'affirmation de la parité entre hommes et femmes, comme un principe fondateur. D'ailleurs, qui serait contre cette idée alors que l'Église à travers le sens du mariage qu'elle a institué dès l'origine, a été fondé sur le sens de l'élection libre des conjoints, pour lutter contre les mariages forcés et arrangés par les familles, sur le sens de l'égalité entre l'homme et l a femme et sur le sens de l'érotisme recentré sur la vie conjugale là où il était dissocié. Il fallut près de 20 siècles pour que la société accepte et fasse sien ce modèle. Un prêtre qui célébrait le mariage librement consenti par un homme et une femme mais sans le consentement des parents risquait la prison sous le règne du Roi François 1er et bien après lui encore. Paradoxalement, ce sont les révolutionnaires de 1789 qui ont reconnu et légalisé le mariage tel qu'il était conçu par l'Église.
La parité entre hommes et femmes dans la théorie du genre se confond avec la similitude : l'un étant l'autre. On affirme curieusement que la différence sexuelle est indispensable à la vie sociale mais peu nécessaire à la vie conjugale et familiale. Celle-ci pourrait s'organiser dans l'indistinction sexuelle ou encore dans la monosexualité avec des personnes de même sexe dont la relation n'est ni significative de vie conjugale, ni significative de vie familiale. Mais l'époque actuelle étant tellement dans la promotion des idées transgressives et des manipulations des réalités fondatrices de l'existence que l'on ne cherche pas à comprendre que nous sommes dans un détournement, au sens pervers du terme, des structures même de la sexualité humaine.
Zenit : Il y aurait une tentative de se libérer du corps ?
Mgr Tony Anatrella : Le besoin de sortir de son corps et de ses structures est un vieux fantasme qui fabrique les contes et les légendes, mais aussi toutes les philosophies idéalistes alors que le christianisme est fondé sur l'Incarnation et donc sur le sens du corps donné et reçu à accomplir. A l'inverse de cette perspective, il faudrait se dégager de sa condition humaine. Il y a une sorte d'angoisse qui traverse l'histoire humaine pour accepter l'altersexualité et l'identité respective de l'homme et de la femme au point que nous en sommes venus aujourd'hui à vouloir les effacer au nom d'un principe noble, parlant à tous, qui est celui de l'égalité. Mais dans la psychose du déni de la différence sexuelle, il est dévoyé au sein de la notion confuse et délétère du genre à travers le féminisme en tant que négation de l'homme et à travers l'homosexualité dont le modèle social apparaît comme celui qui se dispense de toutes les opérations psychiques de la différenciation sexuelle et de l'intégration de l'altérité sexuelle. Nous voici une fois de plus dispensés des contraintes pourtant libérantes et heureuses de la condition humaine, là où d'autres les considèrent comme des entraves et des malheurs.
Le marxisme voulait libérer l'homme social de toutes les contraintes et façonner une nouvelle humanité radieuse. Il voulait le bonheur de l'homme quitte à massacrer tout ce qui s'opposait à ce mouvement. Il a échoué parce que ses prémices étaient fausses. Mais par la force des médias, des lois du marché et des lois civiles, les contraintes sont devenues encore plus nombreuses que par le passé, privant de plus en plus l'homme de ses libertés.
A présent, la théorie du genre veut libérer l'homme subjectif de son identité sexuelle pour fabriquer un sujet qui se construit seul et sans références autre que lui-même, pour autant que ce soit possible. Et le voilà grave; de plus en plus vide intérieurement, dépendant de ses émotions, plutôt que libre de raisonner, adonné à diverses addictions et contraint soit à l'asexualité du castré qui compense par l'imaginaire et le voyeurisme médiatique et de l'Internet, soit à l'autosexualité du plaisir solitaire actuellement valorisé, et même à travers le même et le semblable. Si l'homme se vit dans un deçà de son identité sexuelle comment ne peut-il pas être enfermé dans le soliloque des pulsions partielles de la sexualité infantile ? Telle est l'impasse entretenue par la théorie du genre.
Zenit : En quoi justement les plus jeunes sont-ils concernés ?

« Caritas in Veritate et théorie du genre », par Mgr Anatrella (3)

Zenit : En quoi justement les plus jeunes sont-ils concernés ?
Mgr Tony Anatrella : La théorie du genre imprègne les jeunes générations à travers l'éducation sexuelle diffusée dans les écoles et les lycées. Les idées du genre y sont largement diffusées en insistant sur les orientations sexuelles et la nécessité de les expérimenter pour se connaître. C'est une façon de détruire les opérations symboliques de la vie psychique pendant l'enfance et l'adolescence en incitant à des passages à l'acte (qui sont toujours des conduites réactionnelles). Ce ne sont pas les expériences sexuelles qui permettent de se connaître et de parvenir à la maturité affective et sexuelle, mais le remaniement de la sexualité infantile au décours de l'adolescence qui vont créer les conditions pour comprendre ses désirs et les travailler en harmonie avec son identité. Des passages à l'acte ainsi provoqués ne peuvent que renforcer l'infantile en handicapant les évolutions nécessaires. D'autant que, je l'ai souvent observé lors de consultations et de psychothérapies avec des adolescents, aborder la question de l'homosexualité dans le cadre scolaire avec des personnes militantes, les trouble et les perturbe là où la plupart d'entre eux commencent à s'éveiller affectivement. Faute de savoir comment interpréter leurs premiers émois ils se saisissent d'interprétations entendues ici ou là pour se les appliquer. La plupart des intervenants sont souvent dans une attitude prescriptive qui fascine les plus fragiles et renforce les défenses de ceux qui sont à l'aise avec leur identité. Il faut souligner que l'accusation « d'homophobie » (pour autant que ce slogan ait un sens) reprise de façon stéréotypée par les médias est la résultante d'un discours qui veut tellement prouver le bien fondé d'une orientation sexuelle qu'il se retourne contre lui-même. Une chose est d'en appeler au respect des personnes, quelle que soit leur situation, et autre chose est de dire qu'il s'agit d'un modèle à partir duquel la société peut s'organiser.
Zenit : Les plus jeunes parlent facilement de ces questions aujourd'hui. Quel peut être l'impact sur eux ?
Mgr Tony Anatrella : Parler de l'homosexualité, c'est parler à chacun de ses identifications primaires à des personnes de même sexe qui ont été nécessaires pour affermir son identité sexuelle. Selon la psychanalyse freudienne, il s'agit là d'un choix d'objet homosexuel pour se conforter et c'est lorsqu'il y a un échec de ce travail interne que se produit, entre autres, une érotisation de l'identification qui débouche sur l'homosexualité. La plupart des personnes élaborent positivement ce choix primaire qui a pu aussi se faire plus ou moins facilement. Mais laisser entendre à des jeunes que c'est une forme de sexualité qui ne pose aucun problème peut susciter diverses inquiétudes et renvoyer à une économie première dans laquelle ils ne sont plus du tout engagés. Certains résistent avec raison tout en contestant intérieurement l'homosexualité dont on leur parle. Autrement dit, c'est comme on les invitait à revenir à une étape qu'ils ont ou qu'ils vont dépasser. C'est pourquoi des jeunes sont dans une relative confusion lorsqu'ils interprètent comme de l'homosexualité un attrait esthétique pour des personnes de même sexe, alors qu'il ne s'agit pas de cela. En France, l'Éducation Nationale annonce un programme pour lutter contre « l'homophobie » dans les établissements scolaires et universitaires. Est-ce nécessaire ou un effet d'influences de lobbies qui prennent ce pseudo prétexte pour faire passer le message de l'indistinction sexuelle ? Peut-on éduquer des enfants et des adolescents à partir de l'homosexualité ? Une question à réfléchir là où des éducateurs risquent d'être les otages d'une idéologie au lieu d'être attentifs à la psychologie des enfants et des adolescents qui aujourd'hui est plus fragile et moins organisée qu'on ne le croit.
La théorie du genre est ainsi à l'œuvre dans diverses directions : celui de la santé, de la famille et de l'éducation sans que les citoyens ne réalisent ce qui se passe et encore moins les enjeux quand on veut instituer des orientations sexuelles à la place des deux seules identités qui existent, celle de l'homme et celle de la femme. Il est pour le moins impertinent de faire passer une orientation sexuelle pour une identité. Nous ne sommes pas sur le même registre.
Zenit : Les femmes semblent davantage concernées que les hommes par cette « théorie » ?
Mgr Tony Anatrella : En effet cette théorie, récupérée par des mouvements féministes, valorise les femmes dans leur opposition aux hommes et dissocie la relation entre eux au nom de l'autonomie des femmes. Si les hommes et les femmes sont respectivement autonomes dans leur masculinité et leur féminité, cela ne s'oppose nullement à un lien positif de coopération et de complémentarité entre eux. Ainsi, au nom de la Santé reproductive, pour autant que cette notion soit pertinente, on dissocie la procréation de la relation entre les hommes et les femmes pour la situer uniquement du côté des femmes. Une vision des choses qui a pour but d'affirmer l'autonomie des femmes afin de mieux valoriser la contraception et l'avortement. Or la procréation se partage entre l'homme et la femme, et relève de leur responsabilité que des idéologies inhumaines viennent contester. Benoît XVI écrit justement : « Certaines organisations non-gouvernementales travaillent activement à la diffusion de l'avortement et promeuvent parfois dans les pays pauvres l'adoption de la pratique de la stérilisation, y compris à l'insu des femmes. Par ailleurs, ce n'est pas sans fondement que l'on peut soupçonner les aides au développement d'être parfois liées à certaines politiques sanitaires impliquant de fait l'obligation d'un contrôle contraignant des naissances ... Quand une société s'oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l'homme » (n. 28).
Dans cette idéologie du genre le primat est principalement mis sur la disparition des distinctions entre l'homme et la femme. Autrement dit, rien ne doit empêcher la femme de devenir l'égale de l'homme tout en dénonçant une domination et un pouvoir masculins. Judith Butler, philosophe de l'idéologie du genre, ne va-t-elle pas jusqu'à prescrire aux femmes, dans son livre Le trouble dans le genre, de refuser la pénétration sexuelle avec un homme qui est le signe de sa domination sur la femme. Cette opposition mais aussi ce refus dans la pensée de Butler de son désir de l'homme, dans lequel la plupart des femmes ne se reconnaîtront pas, sinon il y aurait de quoi s'inquiéter sur la santé mentale de l'humanité, est symptomatique du déni de la différence sexuelle qui structure la théorie du genre.
La maternité est également considérée comme un handicap et une injustice puisque seules les femmes portent les enfants. Il faut donc libérer les femmes de la maternité d'où la multiplication des campagnes en faveur de la contraception et de l'avortement menées par l'OMS notamment en Afrique.
De la même façon, il faut éviter de parler de la paternité car seuls les hommes peuvent être pères, ce qui est une autre forme d'injustice à l'égard des femmes. Dans cette logique déréelle, il faut privilégier la notion de parentalité à celle de parents dans le sens où tous les adultes qui exercent une fonction éducative auprès des enfants jouent un rôle parental. Le raisonnement va même plus loin et s'est imposé dans les mentalités, sans autre effort de réflexion, en scindant la fonction parentale, surtout celle du père qui est minimisée, à travers le parent biologique (qui compte peu), le parent éducateur (qui peut donner son nom de famille à l'enfant) et le parent social (un adulte qui est le nouveau partenaire du parent de l'enfant) qui assure un rôle éducatif et peut varier selon les associations et les dissociations des liens avec l'un des parents de l'enfant. C'est ainsi que l'on va parler de la fonction de « beau-parent » (toujours au singulier comme le parent) et qui est encore une autre façon de morceler la filiation. Tout ceci dessert les intérêts psychiques et sociaux de l'enfant au bénéfice des aléas affectifs des adultes qui sont privilégiés par rapport aux enfants.
Zenit : Sans avoir à énumérer toutes les conséquences de cette idéologie néfaste du genre que vous avez développées dans votre livre : La tentation de Capoue publié récemment aux éditions Cujas à Paris, que peuvent faire l'Église et les chrétiens ?
Mgr Tony Anatrella : Dans ses propos le Pape Benoît XVI montre bien qu'il y a une opposition entre cette nouvelle idéologie du genre et les nécessités humaines dictées par une juste raison des choses. Cette théorie se présente comme un idéalisme qui s'extrait de la réalité et de la réalité des corps. En simple et bonne logique et indépendamment d'une perspective religieuse, si l'homme et la femme existent c'est que cela est déjà porteur de sens. Cette idéologie est une superstructure interprétative qui fausse l'observation et la prise en considération du réel.
Dans la théorie du genre, le fantasme se prend pour le réel comme dans certaines configurations psychotiques qui ne sont pas étrangères aux productions culturelles de l'époque mais aussi aux pathologies narcissiques que l'on voit se développer aujourd'hui. Le corps est confondu avec le physique et le biologique, comme on l'observe dans certaines réflexions de sociologues. Il y a une sorte d'angoisse de penser le corps comme l'être de la personne et une fuite en avant qui confine à un néo-puritanisme issu des productions intellectuelles des pays de l'Europe du Nord qui sont parmi les premiers et les plus actifs à imposer les normes du genre.
L'égalité en tous points entre les hommes et les femmes laissant entendre ce qu'un homme fait, une femme peut le faire est à la fois vrai et pas systématiquement possible ni nécessaire. Les relations entre les hommes et les femmes s'organisent aussi autour de la symbolique que représente la différence sexuelle. Lorsque ces symboliques sont transgressées, le lien social en pâtit. La parité permet-elle une meilleure coopération et de meilleures relations entre hommes et femmes ? Depuis l'instauration de ces idéaux qui ont commencé il y a plus de quarante ans et qui se confondent dans la similitude, les relations se sont distendues, compliquées et mises à distance. Des professions se sont complètement féminisées là où des hommes cherchent d'autres activités en dehors de l'éducation, de la médecine et de la justice. La parité fondée sur une lutte de pouvoir fausse les relations et la conception des choses. Ainsi en France, la jurisprudence européenne oblige à réformer la majoration de durée d'assurance dont bénéficient les mères pour leur retraite. Deux ans de cotisations pour la retraite sont offerts aux mères à la naissance de chaque enfant. La Cour de cassation vient de reconnaître ce droit à un père qui a élevé ses enfants. Ce privilège réservé aux mères est maintenant remis en question au nom d'une vision égalitariste entre hommes et femmes pour répondre à l'idéologie du genre soutenue par Bruxelles. Nous sommes loin de ce que propose l'Église à travers la complémentarité réaliste des sexes.
L'idée déréelle selon laquelle le genre résulte d'une simple construction sociale à travers des décisions législatives montre à quel point on entreprend de vouloir réformer et créer un type d'homme libéré de la distinction sexuelle au nom de l'égalité de tous. Il s'agit de la négation de la réalité singulière de chaque personne qui n'est pas le résultat d'une construction et d'une manipulation sociale. La loi civile se fait ici idéologique et non plus soucieuse du bien commun, de la dignité de la personne humaine et du bien que représente l'altérité sexuelle au seul fondement du couple et de la parenté. Une vision idéologique qui ne prend plus en compte la réalité et qui, de ce fait, devient aussi coercitive en créant des structures de contrôle et des sanctions pénales. On établit une surveillance des « bonnes pratiques » en la matière et on dénonce celles qui sont contraires au genre (égalité dans tous les domaines et respect des orientations sexuelles). Il est inquiétant de voir se mettre en place une police des idées, relayée par les directives de Bruxelles, à travers un ministère des bonnes mœurs bien connu dans les pays totalitaires.
Une forte pression est également exercée sur les pays pauvres. C'est ainsi que les pays africains ne peuvent recevoir des aides médicales, économiques et des matières premières par l'intermédiaire des instances de l'ONU que dans la mesure où ils modifient leurs lois dans le sens de la théorie du genre. Faute de pouvoir s'organiser autrement, ils acceptent ce néo-colonialisme des pays occidentaux pour contrôler leurs naissances, promouvoir un féminisme qui minimise le rôle de l'homme et valoriser certains modèles sexuels fondés sur des pulsions partielles et non plus sur l'identité du couple et de la famille.
L'Eglise ayant une responsabilité envers la Création, dit le Saint-Père, elle doit le faire savoir :
« Si le droit à la vie et à la mort naturelle n'est pas respecté, si la conception, la gestation et la naissance de l'homme sont rendues artificielles, si des embryons humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d'écologie humaine et, avec lui, celui d'écologie environnementale. Exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand l'éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. Le livre de la nature est unique et indivisible, qu'il s'agisse de l'environnement comme de la vie, de la sexualité, du mariage, de la famille, des relations sociales, en un mot du développement humain intégral. Les devoirs que nous avons vis-à-vis de l'environnement sont liés aux devoirs que nous avons envers la personne considérée en elle-même et dans sa relation avec les autres. On ne peut exiger les uns et piétiner les autres. C'est là une grave antinomie de la mentalité et de la praxis actuelle qui avilit la personne, bouleverse l'environnement et détériore la société » (n. 41).
Dans une parfaite inconscience, des organisations catholiques sont impliquées dans la diffusion des concepts du genre et rêvent même de réorganiser l'Église à partir de ces principes. Elles se laissent séduire par ces idéaux contraires à une anthropologie réaliste et raisonnable comme celle de la différence sexuelle sur laquelle s'appuie l'Église. Cette dernière trouve d'autres motifs dans la révélation biblique et le Nouveau Testament pour savoir que seul un homme et une femme sont, jusque dans leur chair, les signes de l'altérité humaine et de l'altérité divine. Les chrétiens ne doivent pas ignorer les enjeux de cette idéologie car elle est présente dans la plupart des comportements que j'ai décrits. Il en va du sens de la l'amour et de la vérité de ce que représentent le couple et la famille.
La tâche essentielle à privilégier est donc l'éducation au sens du développement humain intégrale. Mais encore faut-il connaître ce qu'est la personne humaine. Actuellement tout se passe comme si nous en avions oublié ou perdu la signification, comme l'affirme le Saint-Père :
« Il convient de souligner un aspect problématique: pour éduquer il faut savoir qui est la personne humaine, en connaître la nature. Une vision relativiste de cette nature qui tend à s'affirmer de plus en plus pose de sérieux problèmes pour l'éducation, et en particulier pour l'éducation morale, car elle en compromet l'extension au niveau universel » (n. 61).
Il revient à tous les chrétiens et à ceux qui sont engagés dans la vie politique de veiller à la qualité des lois en faveur de la vie, du couple formé par un homme et une femme, et de la famille. De veiller également à savoir éduquer les jeunes à partir du sens du couple et de la famille afin d'ouvrir à un véritable accomplissement de la sexualité humaine vécue dans l'amour et dans la vérité.
Propos recueillis par Anita S. Bourdin

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