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mardi 28 janvier 2014

MORNE DES ESSES : UNE PETITE VILLE DANS LA VILLE


Le Vendredi 24 janvier, lors du Temps Fort organisé par la Pastorale des Jeunes du Morne des Esses, l'historien Luc LERANDY a partagé avec nous un petit bout de l'histoire de ce quartier ainsi que celle de sa paroisse dédiée à Saint Paul De Tarse.

MORNE DES ESSES :
UNE PETITE VILLE DANS LA VILLE

Quartier le plus important de Sainte-Marie, Morne Des Esses fait partie des quartiers qui ceinturent Sainte-Marie. Il est situé entre les quartiers Rodon à l’est, Pérou au nord et les communes de trinité au sud et Gros Morne à l’ouest. Il s’étend sur 1265 ha et regroupe des sous quartiers : Spourtourne, Saint Laurent, Félix, Rivière Canari, Chertine, Rue Mulâtre, Saint Aroman, Cadran, Bon Air et Route Vaton.
Quand aux origines de son nom, plusieurs hypothèses ont circulé ; on a parlé de la route en S ou d’un lieu connu pour ses quimboiseurs, un lieu ou l’on fait des « zess », c’est-à-dire des quimbois. On a aussi évoqué une piste suisse : esse veut dire clairière dans ce pays ! Quel rapport avec ce pays ? En fait, le nom viendrait d’une famille mulâtre, la famille des Esses, originaire de Saint Pierre qui aurait, comme beaucoup de familles du quartier notamment du quartier mulâtre, été déporté pendant l’esclavage pour s’être révolté contre le régime.(C’est à confirmer)

Durant la période de l’esclavage, un certain nombre de mulâtres furent déportés dans la région par les colons de Saint-Pierre. Ils s’étaient révoltés contre le régime. On trouve aujourd’hui leurs descendants : SEBASTIEN, MARIE LOUISE, JEAN BAPTISTE, ADELE, JEAN DE DIEU, Erimée ou Florimond...
Ils avaient développé une importante activité artisanale dans la région comme celle de vanniers, maréchaux ferrants (Dédé), selliers (Ti Jo et Urbain), tanneurs, tailleurs potiers (Mr Brassard) bouchers (Mr Joseph), boulangers ou coiffeurs,....
Au recensement de 1990, on comptait 5687 habitants au Morne Des Esses.
On y trouve une église, une pharmacie, un cimetière, deux médecins, un bureau de poste, un complexe sportif, un centre administratif, trois écoles pour environ 750 élèves...

Le Morne Des Esses est connu pour sa vannerie située à Spoutourne qui regroupe une quinzaine d’artisans qui travaillent l’Aroman et le cachibou. Cette activité est dominée par quelques familles mulâtresses comme les Marie Louise, Crispin, Jean de Dieu, Sébastien qui perpétuent cette tradition au quartier Spoutourne.
Le Morne Des Esses compte environ 14 associations dont : .A.S.M.E, M.R.J.C, Jakata, Scouts de France             

L’école du Morne des Esses fut créée en 1897 grâce au gouvernement de la colonie ; elle avait deux classes et était dirigée par Mr Véry (père du député maire Véry). En 1933 l'école s’agrandit et comptait 8 classes qui se trouvaient dans le bâtiment actuel du centre administratif.

Le hameau du Morne Des Esses devient paroisse en 1932. Sous l’épiscopat de Mgr Paul LEQUIEN, la paroisse fut dédiée à Saint Paul De Tarse. C’est Mgr Lequien qui posa la première pierre de l’église en 1933. Ce jour là, le chanoine Louis Bataille, curé de Sainte Marie célébra la messe en plein air. L’église fut achevée en 1935. En mars de cette même année l’abbé Gabriel LAVIGNE fut nommé premier curé du Morne Des Esses. Il arriva le dimanche 10 Mars 1935 et célébra sa 1ère messe le dimanche de carême. 
Il poursuit les travaux, aidé des habitants de tous les quartiers et du bourg qui n’hésitaient pas à monter à pied pour participer à l’édification de ce monument. Des coups de main géants furent organisés : Asson Solis, clarinettiste animait les opérations. Des dons affluaient de partout. On transporta des planches mesurant jusqu'à 12 mètres. Les travaux progressent rapidement. Monsieur Verdier réalisa le maitre autel à la main ; le clocher fut construit en 1939 avec l’aide du docteur Véry, conseiller général de Sainte Marie. Il fut béni par Mgr Lequien. 
Il accueille deux cloches qui portent le nom de leur marraine : l'une dite Marie Paule Louise en bronze fondue, d'une hauteur de 90 cm autant que la largeur ; on y trouve I'inscription : 
« Marie Paule Louise, j'ai été offerte à I'église saint Paul du Morne Des Esses par son excellence Mgr Paul Lequien évêque de la Martinique ; j'appelle les bénédictions du ciel sur tous les fidèles ut vitam habeant ». L'autre cloche porte le nom de Gabrielle Constance Alice ; Elle a les mêmes caractéristiques et porte I'inscription : « je m'appelle Gabrielle Constance. Je donne le la. Je suis née pour perpétuer le souvenir de la bénédiction de la nouvelle église le 14 Avril 1936» 

Le cimetière fut construit sur le domaine de la famille CRISPIN. La première inhumation eut lieu en 1936. On parle de I'existence d'un lazaret bien avant, du coté du calvaire (An Cimitiè) lié à I'épidémie de fièvre jaune qui décimait la région .

On créa le conseil de fabrique le 31 décembre 1943, le premier président s’appelle, René LABINSKY. C'est sous sa présidence que I'on créa le chemin de croix du Calvaire ; nous sommes en 1945- 1946.

Dans les années 1960, une école de filles était dirigée par Mlle Crispin alors que Mr Tell dirigeait I'école des garçons ; l’école maternelle se trouvait au centre administratif ; Le Morne Des Esses en plein essor a du construire 3 autres classes à I'emplacement actuel de la vannerie. Il parait même que les vannières initiaient les jeunes à leur art.

Le Mome Des Esses a connu une intense activité économique ; nous avons parlé des activités artisanales mais on trouvait aussi de I'agroalimentaire avec les distilleries Vaton (Adrien Vaton et Sainte Luce). Créée en 1919, la distillerie Vaton étaient située au quartier Saint Laurent comme la distillerie Sainte Luce.
Une usine d’ananas fonctionnait au Calvaire (Edmond Huygues-Despointes)

On trouvait aussi un fabricant de limonade (Dolor Clem), une boulangerie (Rolati puis Marie Louise), un moulin à sirop de batterie, des Cases à farine (Germany, Florimond, Gassette, Baratiny...

Le Mome des Esses reste aujourd’hui un quartier rural qui voit son centre s’urbaniser de plus en plus. Son cinéma a disparu. Au départ, il appartenait à Mr Sainte Luce puis fut transféré au presbytère Le Morne Des Esses reste célèbre pour son artisanat (vannerie,...) et sa restauration mais aussi ses fameux bals bouquets (Man Anise), ses séanciers, ses pitts (Jean De Dieu, Florentiny, Sylvère).
On trouvait aussi des chanteurs et musiciens de Bèlè comme Berté Cupit.

Fête patronale du Mome Des Esses : 25 Janvier

Instituée au début des années 1980, par l’ancienne municipalité (Lordinot), la fête du Morne Des Esses était fixée le 22 mai, le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Le maire de Sainte Marie, Bruno Nestor Azérot et son conseil municipal ont décidé de revoir la date en tenant compte de la tradition des fêtes patronales Ainsi, c’est la date du 25 janvier qui a été décidée. Cette date correspond à la « Conversion de Saint Paul », le saint patron de la paroisse du Morne Des Esses. La ville de Sainte Marie compte deux paroisses : Sainte Marie qui est dédiée à notre Dame de l’Assomption (15 Août) et Morne Des Esses dédiée à saint Paul De Tarse.

D'origine moyenâgeuse, et organisée en l’honneur du saint patron, la fête patronale se confond avec la fête du village. La paroisse constituait à l’origine le centre de la vie quotidienne des habitants du village ; tous les actes essentiels de la vie quotidienne se déroulaient autour de l’église : baptême, mariage, sépulture mais aussi des temps forts comme les foires, les kermesses qui étaient organisées par le conseil de fabrique (aujourd’hui, conseil paroissial). Toutes les fêtes du village ou de la paroisse comportaient un aspect religieux puis civil ; Les fêtes patronales sont un héritage européen de la tradition chrétienne. 

Chaque année les habitants de la paroisse se retrouvaient à la même date pour célébrer le saint patron de la paroisse ; dès le Moyen Age, Les corps de métiers regroupés en corporations célébraient leur Saint patron dont les plus célèbres : Sainte Barbe, Sainte Cécile ou Saint Eloi. Ces fêtes débutaient à l’église par la messe et se poursuivaient dans les rues par une procession avec en tète la statue des saints et sa relique ; A l’issue du défilé les habitants se retrouvaient autour d’un grand festin et des jeux. La fête de la paroisse est l’occasion pour les habitants du village de se retrouver autour de l’église et de la municipalité car, très tôt, alors l’église et l’état se confondaient l’organisation de la fête était commune et les autorités se devaient d’être en tète du cortège tout prés du curé.

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