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mardi 25 novembre 2014

Sainte Catherine LABOURÉ

Catherine Labouré est née le 2 mai 1806 dans un village de Bourgogne, Fain-les-Moutiers. Elle est la huitième de dix enfants de Pierre et Madeleine Labouré, propriétaires fermiers. La mort de Madeleine, à 46 ans, plonge la famille dans le deuil. La servante qui s’apprête à entrer dans la grande salle commune de la riche ferme Labouré s’arrête, émue, sur le seuil : la petite Catherine, juchée sur un tabouret pour mieux atteindre la statue de la Sainte Vierge, et se croyant seule, l’entoure de ses bras et la serre sur son cœur avec amour et dit: « Maintenant, tu seras ma maman ». Elle a 9 ans, sa maman vient de mourir et instinctivement, totalement, elle se réfugie en Marie, Celle dont le Christ lui-même a dit au Golgotha : « Voici ta mère ».

Catherine Labouré est la paysanne choisie pour être, du fond de son couvent des filles de la Charité, rue du Bac, à Paris, messagère secrète de la Mère de Dieu. Tout particulièrement en juillet 1830 pendant les émeutes qui mirent fin à la Restauration, puis en 1848, lors du soulèvement de la Commune de Paris et des journées sanglantes qu’il occasionna.

C’est le 21 avril 1830, Catherine entre, à 24 ans, chez les filles de la Charité, à Paris, rue du Bac. Physiquement, ce qui domine en elle, c’est la vigueur : grande de taille, large de hanches, une force presque virile dans les traits du visage, elle en impose, bien que le bleu de son regard et la douceur qui en émane révèlent en contraste une fontaine de tendresse maternelle. Il est incontestable, quand on analyse la jeunesse de Catherine, de voir que la Providence s’est attachée avant tout à former sa volonté et son sens des responsabilités mais, dans une discrétion préfigurant le caractère de la mission qui va maintenant être confiée à la religieuse, une mission à la fois cachée et de premier plan pour l’histoire sainte et le bien commun de la France et du monde. 
En ce sens, on ne peut s’empêcher d’évoquer ici Marthe, de Chateauneuf-de-Galaure…

Entre 1830 et 1831, sœur Labouré recevra, au cours de trois visions de la Sainte Vierge, la révélation de sa mission

Arrivée rue du Bac quelques jours avant le retour des reliques de Vincent de Paul à la maison mère, le désir de la postulante est grand de voir se relever les deux familles vincentiennes des lazaristes et des filles de la Charité décimées sous la Révolution. La coïncidence du retour des reliques avec son entrée semble bien en être l’heureux présage… C’est en ces jours d’ailleurs que le cœur de Vincent de Paul lui apparaît pour lui annoncer que ce désir sera bel et bien exaucé malgré les tourmentes historiques à venir, dont ses prêtres et ses religieuses vont être protégées.
 La jeune religieuse novice verra, pendant le temps de son noviciat, lors de chaque consécration, la présence réelle du Christ dans l’hostie, sans que jamais personne autour d’elle ne s’en doute –son confesseur excepté-, qui lui ordonne de « chasser ces imaginations ». Catherine obéit.

"Cette nuit même je verrai la Sainte Vierge"

Du moins, elle essaie, avec peine, car bientôt, le Ciel s’ouvre à nouveau, en la vigile de la fête de saint Vincent, le 18 juillet 1830 :« Je me suis couchée avec cette pensée que cette nuit même je verrais ma bonne Mère Il y avait si longtemps que je désirais la voir ». Trop prétentieux cet autre désir de Sœur Labouré ? Pour des cœurs à mesure restreinte peut-être, pour la Mère de Dieu, non : elle vient en personne, en cette même soirée, rendre visite à celle qui croit en son cœur maternel, la fait réveiller par un ange, conduire à la chapelle tout illuminée pour la circonstance –sans doute par d’autres anges- et là pendant près d’une heure et demie, en ce milieu de la nuit, Marie s’entretient avec Catherine agenouillée devant elle, les mains posées sur les genoux de la Vierge qui s’est assise...

« Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission » dit Marie ; « Vous serez inspirée dans vos oraisons ; rendez-en compte ». « Les malheurs viendront fondre sur la France (…). Mais venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui le demanderont avec confiance et ferveur ». La Sainte Vierge déplore les abus auxquels se laissent aller nombre de communautés où les règles ne sont plus observées, puis revient sur le sort du pays : « La protection de Dieu est toujours là d’une manière toute particulière et saint Vincent protégera la communauté. Mais je serai moi-même avec vous ». Ce ne sera qu’après les émeutes des 27,28 et 29 juillet 1830 (les Trois Glorieuses) qui vont mettre fin au règne de Charles X, que le confesseur de Catherine commencera, au vu des événements, à la prendre au sérieux.

Le 27 novembre 1830, deuxième apparition : la Vierge ouvre les bras, de ses mains sortent des rayons lumineux. « Ces rayons sont le symbole des grâces que Marie obtient aux hommes », dit une voix. Aux hommes qui les demandent…car, au cours de la troisième et dernière apparition, en décembre de la même année, Marie précise à propos de certains rayons qui restent ternes en jaillissant de ses doigts : « Ce sont les grâces que l’on oublie de me demander ». Cette profusion de grâces découlait « avec plus d’abondance sur une partie du globe qui se trouvait aux pieds de Marie ; et cette partie privilégiée, c’était la France ». Une médaille miraculeuse est demandée par la Vierge Marie Un mois plus tard, le 30 janvier 1831, Catherine prononce ses vœux et revêt l’habit des filles de Saint Vincent. Seul son confesseur connaît son secret car la Sainte Vierge lui a demandé de garder l’anonymat jusqu’à la fin. Marie a demandé aussi la frappe d’une médaille représentant la deuxième vision et portant ces mots : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». 

En quelques années, ces médailles réalisées en 1832, vont faire tant de miracles (guérisons, conversions)- le curé d’Ars lui-même vient de mettre sa paroisse sous le patronage de cette médaille de Marie- que très vite on la nomme la médaille miraculeuse. Le choléra éclate à Paris : on en distribue des milliers ; en Italie, c’est la « Vierge de la médaille » qui va convertir Alphonse Ratisbonne ; dans le monde entier, on en distribue déjà des millions moins de dix ans après les apparitions.

Une vie humble et rayonnante

Jamais Sœur Catherine ne sera gratifiée de titres ni de fonctions honorifiques quelconques dans sa communauté, qu’elle qu’ait été pourtant sa compétence. On lui demandera de passer sous les ordres de sœurs beaucoup plus jeunes et moins expertes qui recevront des titres qu’avec les mêmes fonctions elle-même n’aura pas eus. Mais ces considérations sont au-dessous de sa mesure : Catherine approuvera et appuiera toujours la ferveur et le dynamisme rénovateur des jeunes arrivées. Et celles-ci la recherchent pour sa sagesse rayonnante.


Catherine Labouré s’éteint le 31 décembre 1876, au terme d’une vie qui correspond à une immense vocation d’amour pour son pays, mais aussi d’un amour universel. Pendant le demi-siècle qu’elle a passé cachée au couvent, la France chrétienne pétrifiée à force de tiédeur, d’ignorance et de démissions successives, sera réchauffée en son cœur par la profusion même de la tendresse de Dieu : "Là où le péché abonde, la grâce surabonde".
La Vierge Marie est patronne principale de la France. Elle s’en est souvenue à travers le désir ardent de Catherine Labouré. Cette dernière sera canonisée le 27 juillet 1947, par Pie XII.

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