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samedi 11 juillet 2015

Réduisons les distances

Réduisons les distances 


Se rapprocher des personnes mises de côté, réduire les distances au point de les toucher sans avoir peur de se salir : telle est la «proximité chrétienne» que nous a concrètement montrée Jésus en libérant le lépreux de l’impureté de la maladie et également de l’exclusion sociale. 
A tout chrétien, et à l’Eglise tout entière, le Pape a demandé d’avoir cette attitude de «proximité» lors de la dernière Messe avant l’interruption de l’été. La prochaine célébration est prévue mardi 1er septembre. «Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre» : François a répété précisément les premières paroles de l’Evangile de Matthieu (8, 1-4) proposé par la liturgie. Et de ce fait, ces gens se mirent à suivre Jésus sans se lasser de l’écouter. Toutefois, «il y avait des gens qui ne le suivaient pas : ils le regardaient de loin, avec curiosité», en se demandant : «Mais qui est cet homme ?». Du reste, «ils n’avaient pas entendu ses catéchèses qui surprenaient tant». Et ainsi, il y avait des «gens qui regardaient depuis le trottoir» et «il y en avait d’autres qui ne pouvaient pas s’approcher : cela leur était interdit par la loi, car ils étaient “impurs”». Il y avait parmi eux le lépreux dont parle Matthieu dans l’Evangile. 
«Ce lépreux ressentit dans son cœur l’envie de s’approcher de Jésus : il prit son courage à deux mains et s’approcha». Mais «c’était un marginalisé», et donc «il ne pouvait pas le faire». Néanmoins, «il avait foi en cet homme, il prit son courage à deux mains et s’approcha», en lui adressant «simplement sa prière: “Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier”». Il dit cela «car il était “impur”». En effet, «la lèpre était une condamnation à vie». Et «guérir un lépreux était aussi difficile que de ressusciter un mort : c’est pour cela qu’on les mettait de côté, ils étaient tous là, ils ne pouvaient se mélanger avec les gens». 
Il y avait cependant, a poursuivi François, «aussi les personnes marginalisées de leur plein gré, les docteurs de la loi qui regardaient toujours avec cette envie de mettre Jésus à l’épreuve pour le faire glisser et ensuite le condamner». Au contraire, le lépreux savait qu’il était «impur, malade, et il s’est approché». Et «Jésus, qu’a-t-il fait?». Il n’est pas resté immobile, sans le toucher, mais s’est approché encore davantage et lui a tendu la main en le regardant. 
«Proximité» est un «mot très important : on ne peut faire de communauté sans proximité, on ne peut faire le bien sans s’approcher». En réalité, Jésus aurait pu lui dire : «Sois guéri!». Il s’est au contraire approché et l’a touché. «Plus encore : au moment où Jésus toucha l’impur, il devint impur». Et «tel est le mystère de Jésus : il prend sur lui notre saleté, nos choses impures». «Bien souvent, je pense qu’il est, je ne dis pas impossible, mais très difficile, de faire le bien sans se salir les mains». Et «Jésus se salit» par sa «proximité». Mais ensuite, raconte Matthieu, il alla bien au-delà, en disant à l’homme libéré de la maladie : «Va voir les prêtres et fais ce que l’on doit faire lorsqu’un lépreux est guéri». 
En somme, «celui qui était exclu de la vie sociale, Jésus l’inclut : il l’inclut dans l’Eglise, il l’inclut dans la société». Il lui recommande : «Va, afin que toutes les choses soient comme elles doivent être». Donc, «Jésus ne met jamais personne au rebut, jamais !». De plus, Jésus «se met lui-même au rebut pour inclure les laissés-pour-compte, pour nous inclure nous, pécheurs, laissés-pour-compte, avec sa vie». 
«Belle parole que celle de la proximité, pour chacun de nous». En suggérant que nous nous demandions : «Mais est-ce que je sais m’approcher ? Ai-je la force, ai-je le courage de toucher les laissés-pour-compte ?». Et «également pour l’Eglise, les paroisses, les communautés, les personnes consacrées, les évêques, les prêtres, tous», il est bon de répondre à cette question : «Ai-je le courage de m’approcher ou est-ce que je prends mes distances ? Ai-je le courage de raccourcir les distances, comme l’a fait Jésus ?».

(L'Osservatore RomanoÉdition hebdomadaire n° 27 du 2 juin 2015)
PAPE FRANÇOIS MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE
Vendredi 26 juin 2015

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