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dimanche 4 octobre 2015

Mieux comprendre le Synode


Le Synode sur la famille qui s’ouvrira dimanche abordera en premier lieu tous les facteurs sociaux et politiques qui nuisent à la famille.

Nommer le mal pour mieux le combattre : c’est la tonalité que devraient revêtir les travaux de la première semaine du Synode sur la famille, qui s’ouvrira dimanche à Rome. Une semaine consacrée aux « défis » qui pèsent sur la famille dans le monde contemporain. Dans cette perspective, c’est un véritable petit catalogue des difficultés particulières, menaces et conditions hostiles à l’égard de la famille que propose à la réflexion le « document de travail » (instrumentum laboris) de l’assemblée qui réunira quelque trois cent soixante Pères synodaux en présence du pape pendant trois semaines, jusqu’au 25 octobre.

PMA, GPA, « gender »…

Parmi les défis présentés, les « contradictions culturelles ». Celles-ci sont « nombreuses », note le document de travail, citant tour à tour « les tensions induites par une culture individualiste exacerbée », la « culture de la possession et de la jouissance », « une certaine vision du féminisme qui considère la maternité comme un prétexte pour l’exploitation de la femme et comme un obstacle à sa pleine réalisation », la tendance à « concevoir l’engendrement d’un enfant comme un instrument de l’affirmation de soi, à obtenir par tous les moyens » ou encore les « théories » selon lesquelles « l’identité personnelle et l’intimité affective doivent s’affirmer dans une dimension totalement affranchie de la diversité biologique entre homme et femme ». En quelques lignes (paragraphe 8), le document de travail évoque ainsi, derrière des intitulés prudents, les grands défis éthiques du moment : PMA, GPA, gender… Même la revendication du mariage pour les personnes homosexuelles est là : « En même temps, on veut reconnaître à la stabilité d’un couple institué indépendamment de la différence sexuelle, la même légitimité que la relation conjugale intrinsèquement liée aux rôles paternel et maternel, définis à partir de la biologie de la génération ».

Les « fardeaux » économiques qui pèsent sur la famille

Autre angle d’attaque des Pères synodaux au cours des premiers jours de leurs travaux : les obstacles économiques placés sur la route des familles. La famille, rappelle le document de travail, « est étroitement liée à la réalité économique » ; lorsque celle-ci est en crise ou l’État ne la favorise pas suffisamment, elle subit cette situation de plein fouet et d’une manière décuplée. Parmi les difficultés mentionnées, les « salaires insuffisants », le chômage, « l’insécurité économique », le « manque de travail digne et de sécurité de l’emploi », les « coûts accrus » pour élever les enfants, le poids des prélèvements destinés à financer les soins des malades et des personnes âgées. Ces conditions peuvent constituer un « véritable fardeau » pour les familles. « Il faut également reconnaître, note toutefois le rapport, qu’en dépit des énormes difficultés, de nombreuses familles pauvres cherchent à mener leur vie quotidienne de façon digne, en plaçant leur confiance en Dieu, qui ne déçoit ni n’abandonne ».

Pour une politique vraiment familiale

Face à ces défis sociopolitiques – le document en évoque de nombreux autres, comme la « formation de l’affectivité » ou la bioéthique –, les Pères synodaux ne devraient pas manquer de formuler une exigence à destination de tous ceux qui ont vocation à travailler au bien commun : celle de protéger la famille. La famille, affirme le document de travail, « demeure aujourd’hui encore, et demeurera toujours le pilier fondamental et incontournable de la vie en société », elle est « l’artisan de l’édification de la cité commune, et non une réalité privée ». C’est pourquoi des « politiques familiales adéquates » sont nécessaires pour « la soutenir et la promouvoir ».

C’est donc sur des enjeux globaux – protéger et encourager la famille dans la culture et la politique – que devraient s’ouvrir les premiers jours de synode. Loin des discussions qui font rage dans l’Église depuis un an autour du thème des divorcés remariés, cette première semaine devrait permettre aux Pères synodaux d’entamer sans désaccord majeur les premiers jours du synode. Un temps de répit avant les semaines suivantes qui, elles, promettent d’être plus secouées.

Jean-Marie Dumont

Source : http://www.famillechretienne.fr/filinfo/synode-une-ouverture-tres-politique-178159

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